Limiter l'empreinte carbone de nos voyages
Voyager permet de découvrir d’autres territoires, d’observer le vivant et de mieux comprendre les écosystèmes. Mais tout déplacement mobilise aussi de l’énergie, des transports, des hébergements et des ressources. Un voyage, même scientifique ou naturaliste, n’est donc jamais sans impact.
Wild Seas Explorer conçoit des voyages scientifiques, naturalistes et photographiques marins en petits groupes. Notre démarche ne consiste pas à présenter ces expéditions comme « neutres en carbone », mais à reconnaître leurs effets, à réduire ce qui peut réellement l’être et à expliquer nos choix avec transparence.
Limiter l’empreinte carbone d’un voyage ne repose pas sur un geste symbolique. Cela demande d’agir en priorité sur les principaux postes d’émissions, dès la conception du séjour et jusqu’à son déroulement sur le terrain.
VOYAGER SANS NIER SON IMPACT
Selon l’ADEME, le transport et la mobilité représentent 69 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur touristique en France. L’essentiel provient des trajets aller-retour, notamment lorsqu’ils sont effectués en avion ou en voiture. Certaines destinations proposées par Wild Seas Explorer restent difficilement accessibles sans transport aérien. Nous préférons le reconnaître clairement : naviguer à la voile sur place, limiter les déchets ou soutenir une association ne fait pas disparaître les émissions du trajet. Cette réalité ne conduit pas à renoncer à toute forme de voyage. Elle nous oblige plutôt à nous demander pourquoi nous partons, combien de temps nous restons, ce que nous faisons sur place et comment nous pouvons éviter les déplacements inutiles.
RÉDUIRE AVANT DE CONTRIBUER
Notre priorité est d’abord d’éviter et de réduire les émissions lorsque des solutions réalistes existent. Soutenir un programme scientifique, restaurer un récif corallien ou contribuer à la protection d’un habitat constitue une action utile en faveur de la biodiversité. Mais ces actions ne suppriment pas le dioxyde de carbone déjà émis par un transport et ne doivent pas être présentées comme une compensation automatique du voyage. Wild Seas Explorer ne promet donc ni voyage « zéro impact », ni neutralité carbone, ni bénéfice environnemental garanti. Nous préférons présenter des mesures précises, reconnaître leurs limites et faire évoluer progressivement nos pratiques.
Comment Wild Seas Explorer agit concrètement ?
Donner du temps au voyage
WSE privilégie des séjours suffisamment longs pour permettre une véritable immersion. Nous écartons les séjours dépendant d’un transport aérien de moins de trois nuits et les voyages long-courriers de moins de sept nuits. Rester plus longtemps ne supprime pas les émissions du trajet. Cela permet néanmoins d’éviter la multiplication de courts séjours lointains et de donner davantage de sens au déplacement : prendre le temps d’observer, de comprendre un territoire, de rencontrer ses acteurs et de dépasser une simple succession d’excursions. Cette durée est également cohérente avec l’approche WSE. Comprendre un écosystème ou apprendre à observer la faune sauvage demande du temps, de la patience et la capacité de s’adapter aux conditions naturelles.
Examiner les solutions de transport
Lorsque le train, l’autocar, les transports collectifs ou le covoiturage constituent des solutions réalistes, nous cherchons à les signaler aux participants. Quand les transports jusqu’à la destination ne sont pas compris dans le voyage, nous pouvons fournir des informations permettant de comparer les possibilités d’accès et d’organiser, lorsque cela est possible, des transferts partagés entre voyageurs. Pour certaines destinations, l’avion reste l’option la plus réaliste. Nous ne le dissimulons pas et nous ne prétendons pas qu’un geste réalisé sur place puisse effacer son impact. Nous encourageons plutôt les itinéraires cohérents, la limitation des correspondances inutiles et, lorsque le voyageur le peut, un séjour prolongé sur place plutôt que plusieurs déplacements séparés.
Privilégier la voile lorsqu’elle est adaptée
Plusieurs expéditions Wild Seas Explorer se déroulent à bord d’un voilier. Lorsque les conditions météorologiques, le programme et la sécurité le permettent, la navigation à la voile est privilégiée. Le moteur reste cependant nécessaire pour certaines manœuvres, les entrées et sorties de port, les périodes sans vent ou les impératifs de sécurité. L’énergie utilisée à bord et le transport nécessaire pour rejoindre le voilier doivent également être pris en compte. Nous présentons donc la voile comme un moyen de réduire l’utilisation locale du moteur et de vivre la mer autrement, mais jamais comme la garantie d’un voyage sans émissions.
Limiter les consommations et les déchets sur place
Selon les possibilités offertes par chaque destination et par nos prestataires, nous cherchons à :
- limiter les produits à usage unique ;
- éviter les achats et emballages inutiles ;
- favoriser les contenants réutilisables lorsque l’eau disponible le permet ;
- modérer les consommations d’eau et d’énergie ;
- organiser des transferts partagés ;
- proposer ou encourager des alternatives végétariennes ;
- trier les déchets lorsque des filières locales existent ;
- utiliser le matériel commun plutôt que de multiplier les équipements individuels.
Les infrastructures et les possibilités de tri, d’approvisionnement ou de transport varient fortement d’un territoire à l’autre. Nous préférons donc adapter les pratiques aux réalités locales plutôt que d’afficher des engagements impossibles à appliquer partout de la même manière.
Préserver les herbiers de Posidonie
La Posidonie, Posidonia oceanica, n’est pas une algue mais une plante marine endémique de la Méditerranée. Ses herbiers constituent des habitats essentiels pour de nombreuses espèces, participent à la protection du littoral et stockent du carbone dans leurs feuilles, leurs racines et les sédiments accumulés au fil du temps. Les ancres et les chaînes de mouillage peuvent arracher les faisceaux et dégrader durablement ces herbiers. Lors de nos navigations en Méditerranée, nous veillons donc, avec les skippers et dans le respect des règles locales et des impératifs de sécurité, à privilégier les dispositifs d’amarrage adaptés ou les fonds dépourvus d’herbiers lorsque les conditions le permettent. Protéger la Posidonie ne compense pas l’ensemble des émissions du voyage. C’est néanmoins une mesure concrète pour éviter d’ajouter une pression locale à un habitat déjà fragile.
Ce que chaque voyageur peut faire
La réduction de l’empreinte carbone ne doit pas devenir une série d’injonctions culpabilisantes. Chaque participant peut néanmoins agir à son échelle, selon sa situation et les solutions réellement disponibles.
Avant le départ, nous invitons notamment les voyageurs à :
- comparer les moyens de transport disponibles ;
- privilégier le train ou les transports collectifs lorsque le trajet le permet ;
- partager certains transferts avec les autres participants ;
- éviter de multiplier les courts séjours nécessitant plusieurs allers-retours ;
- emporter une gourde et quelques contenants réutilisables adaptés ;
- limiter les bagages inutiles ;
- respecter les consignes relatives à l’eau, à l’énergie et aux déchets sur place.
Aucun de ces choix n’annule à lui seul l’impact d’un voyage. Leur intérêt réside dans leur cohérence et dans leur répétition, bien au-delà de la seule durée du séjour.
Climat, biodiversité et science : des démarches distinctes
Partager des observations utiles
Réduire des émissions et contribuer à la connaissance du vivant sont deux démarches différentes.
Lorsqu’elles sont exploitables, certaines photographies réalisées pendant les expéditions WSE sont versées à Happywhale. Wild Seas Explorer partage également des images d’orques observées en Norvège avec Norwegian Orca Survey.
Ces contributions peuvent être utiles à la photo-identification et au suivi d’individus. Leur exploitation dépend cependant de la qualité des photographies, des informations associées et des besoins des organismes destinataires. Elles ne constituent pas une réduction des émissions de gaz à effet de serre et ne transforment pas automatiquement chaque voyage en programme de recherche institutionnel.
Le temps consacré à la préparation des activités, au tri des photographies, à la structuration des observations et à leur partage éventuel fait partie du travail de Wild Seas Explorer et de la valeur du voyage.
Soutenir la conservation sans parler de compensation
Soutenir un programme de conservation marine peut prolonger les découvertes et les prises de conscience nées pendant un voyage. Cela doit toutefois rester clairement distinct de la réduction de son empreinte carbone.
Coral Guardian agit, par exemple, en faveur de la restauration des écosystèmes coralliens et de l’implication des communautés locales. D’autres programmes scientifiques ou associations locales peuvent être plus directement liés à une destination ou aux espèces rencontrées.
Selon les voyages, WSE peut présenter une initiative cohérente avec le territoire exploré. Chaque voyageur reste libre de la soutenir directement et volontairement auprès de l’organisme concerné.
Un tel soutien contribue à la connaissance ou à la conservation de la biodiversité. Il ne doit jamais être présenté comme l’effacement des émissions produites par le voyage.
Ce que nous ne promettons pas
Wild Seas Explorer ne prétend pas :
- proposer des voyages neutres en carbone ;
- effacer un trajet aérien grâce à une adoption de corail ;
- organiser des séjours sans aucun impact sur les territoires visités ;
- garantir que chaque observation produira une donnée scientifiquement exploitable ;
- avoir un impact positif simplement parce qu’un voyage parle de nature.
Notre crédibilité repose sur une démarche plus exigeante : expliquer ce qui est réellement réalisé, distinguer les actions climatiques des actions en faveur de la biodiversité et reconnaître les limites de chaque mesure.Voyager avec lucidité
Choisir Wild Seas Explorer, ce n’est pas acheter la promesse d’un voyage parfait ou sans impact. C’est choisir une expérience conçue avec davantage de cohérence : prendre le temps, observer avec attention, comprendre les milieux rencontrés et limiter autant que possible les pressions inutiles.
Nous croyons qu’il est possible de continuer à explorer sans détourner le regard des conséquences du voyage. C’est cette exigence, scientifique, naturaliste et humaine, que nous cherchons à faire progresser à chaque expédition.
Questions fréquentes
Les voyages Wild Seas Explorer sont-ils neutres en carbone ?
Non. Tout voyage entraîne des émissions et mobilise des ressources. WSE cherche à réduire certains impacts par la durée des séjours, l’étude des transports, les transferts partagés, la navigation à la voile lorsqu’elle est adaptée et des pratiques plus sobres sur place. Nous ne présentons toutefois aucun voyage comme neutre en carbone.
Un voyage en voilier est-il sans émissions ?
Non. La voile peut limiter l’utilisation du moteur pendant une partie de la navigation, mais un voilier utilise également de l’énergie et parfois du carburant. Il faut aussi prendre en compte le trajet nécessaire pour rejoindre le port de départ.
Adopter un corail permet-il de compenser son voyage ?
Non. Soutenir la restauration d’un récif corallien est une action utile en faveur de la biodiversité, mais cela n’efface pas automatiquement les émissions du transport. Ces deux démarches doivent rester clairement distinguées.
Pourquoi proposer des voyages vers des destinations lointaines ?
Parce que l’immersion dans un territoire, l’observation de ses écosystèmes et la rencontre avec des personnes qui les connaissent peuvent produire une compréhension difficile à acquérir à distance. Cela ne rend pas le déplacement sans impact. C’est pourquoi WSE privilégie les séjours suffisamment longs, les expériences de terrain approfondies et une information transparente.